« Électrification des transports : technologie, industrie et souveraineté »
Jeudi 15 octobre 2026
13h30 – 15h30
en ligne
La séance sera animée par Nadia Maïzi, Directrice de TTI.5.
PROGRAMME ET INTERVENANTS :
« Électrification des transports en France : des besoins du système aux capacités industrielles. Focus sur la batterie et la chaîne de traction électrique »
Andrés TELLEZ ÁVILA, ingénieur de recherche (Centre des Matériaux, Mines Paris – PSL)
L’électrification des transports ne se limite pas au remplacement des motorisations thermiques par des motorisations électriques. Elle recouvre des trajectoires différenciées selon les modes et les usages et implique des transformations plus larges des systèmes énergétiques, technologiques et industriels. Cette présentation propose d’abord de préciser ce que recouvre l’électrification des transports dans le contexte français, puis d’identifier les principaux besoins associés à cette transformation. Elle examine ensuite la manière dont ces besoins se traduisent en capacités industrielles sur le territoire français, à travers deux ensembles technologiques de l’électrification directe : la batterie et la chaîne de traction électrique.
« La filière européenne des batteries : une analyse de la chaîne de valeur face aux enjeux de décarbonation, de réindustrialisation et d’autonomie stratégique »
Pauline BUCCIARELLI, Post-doctorante TTI.5 (CMA, Mines Paris – PSL et Université Bocconi, Italie)
Le développement du secteur des batteries en Europe répond à trois objectifs majeurs : la décarbonation, la réindustrialisation et la résilience géopolitique. Différents niveaux de lecture de la chaîne de valeur permettent de mettre au jour les conditions et les tensions associées à chacun de ces objectifs. Cette grille d’analyse permet également de montrer pourquoi l’enjeu industriel prend une importance particulière en Europe, notamment du fait de l’insertion de la batterie dans la chaîne de valeur automobile. Enfin, les difficultés rencontrées par les projets européens de montée en capacité mettent en lumière certaines limites de la stratégie européenne et contribuent à renforcer l’attractivité des investissements étrangers pour les acteurs du secteur.
« Vers un observatoire des investissements verts d’acteurs chinois en Europe »
Romain SVARTZMAN, responsable de l’unité Macroéconomie et Politiques Environnementales à l’Institute for European Policymaking de l’Université Bocconi, affilié au CEPR et à l’Institute for Innovation and Public Purpose (IIPP, University College London)
De nombreuses chaînes de valeur critiques à la transition écologique sont concentrées hors d’Europe, et notamment en Chine, risquant de transformer la demande européenne pour des technologies vertes en importations au détriment de sa souveraineté et compétitivité. Dans ce contexte, accueillir des investissements directs étrangers (IDE) pourrait constituer un compromis réaliste pour reconstruire une capacité industrielle verte. Se pose alors la question – au cœur des négociations en cours sur l’Industrial Accelerator Act – de savoir quand et comment ces IDE peuvent renforcer cette capacité industrielle plutôt que d’accroître la vulnérabilité européenne.
Romain Svartzman présentera un programme de travail interdisciplinaire (en cours d’élaboration) sur cette question, avec un focus sur les IDE chinois en Europe dans les secteurs des batteries et véhicules électriques.
A propos des intervenants :
Andrés TELLEZ ÁVILA est ingénieur de recherche TTI.5 (Centre des Matériaux, Mines Paris – PSL). Son travail s’inscrit dans l’Axe 2 du programme de recherche de TTI.5, « Une planète électrique? ». Ingénieur en énergie et diplômé d’un Master en Analyse et Politique Économique, son parcours associe systèmes énergétiques, analyse économique et politiques publiques. Ses travaux actuels portent sur l’étude des transformations liées à l’électrification des transports, à partir notamment d’une cartographie de la production scientifique mobilisant des méthodes d’analyse de données et d’intelligence artificielle. Cette approche est complétée par l’analyse des capacités technologiques et industrielles, afin d’appréhender les différentes dimensions de la transition des systèmes de transport.
Pauline BUCCIARELLI est post-doctorante à MINES Paris-PSL, où elle mène ses recherches au sein de TTI.5, une initiative dédiée au design de la transition. Rattachée au Centre de Mathématiques Appliquées (CMA), elle travaille sur les enjeux de réindustrialisation européenne associés à la transition bas-carbone, avec un intérêt particulier pour la chaîne de valeur des batteries. Ses recherches portent notamment sur les transformations de cette chaîne de valeur, les stratégies industrielles des différents acteurs et les enjeux de dépendance et de souveraineté qui accompagnent le développement d’une industrie européenne des batteries.
Romain SVARTZMAN est responsable de l’unité Macroéconomie et Politiques Environnementales à l’Institute for European Policymaking (IEP@BU) de l’Université Bocconi. Il est également affilié au CEPR et à l’Institute for Innovation and Public Purpose (IIPP, University College London).
Ses recherches portent sur : (i) les implications macrofinancières de scénarios de transition écologique, par exemple l’impact sur les chaînes de valeur et la stabilité des prix de l’approvisionnement en métaux critiques ; (ii) la conception de politiques monétaires et budgétaires permettant de naviguer ces scénarios de transition, avec des travaux portant notamment la gestion de la dette souveraine et l’horizon temporel de la politique monétaire.