Approches terrain climat et biodiversité : du « net zéro » au génie végétal
Mardi 24 mars 2026
13h30 – 15h30
en ligne
Ce webinaire mettra l’accent sur l’effet et l’évaluation du changement climatique sur l’érosion de la biodiversité en présentant des exemples relatifs aux débats autour de la comptabilité carbone dans le secteur des terres à l’échelle globale, aux méthodes d’évaluation de prospective écologique appliquées aux écosystèmes végétaux et aux modes de restauration développés au niveau des ripisylves, milieux fortement dégradés par le changement global.
La séance sera animée par Nadia Maïzi, Directrice de TTI.5.
Un temps de questions/réponses est prévu après chaque intervention.
PROGRAMME ET INTERVENANTS :
« Approches terrain climat et biodiversité : du net zéro au génie végétal »
Compter jusqu’à zéro. Débats autour de la comptabilité du secteur des terres dans les politiques climatiques
Laure Manach, post-doctorante TTI.5, Centre de Sociologie de l’Innovation, Mines Paris – PSL
Depuis l’Accord de Paris signé en 2015 à la COP21, les États se sont fixés un objectif clef : atteindre « net zéro » dans la seconde moitié du 21ème siècle. Mais comment suivre l’avancée des pays dans l’atteinte de leurs objectifs et quels enjeux scientifiques et politiques recouvre ce suivi ?
Les politiques climatiques posent en effet la question cruciale de la comptabilité des émissions et des absorptions. Il existe aujourd’hui deux méthodes de comptabilité carbone à l’échelle globale : une première venant de la communauté de modélisation climatique, et une deuxième issue de la communauté des inventaires nationaux. Mais ces deux comptabilités ne convergent pas en ce qui concerne le secteur des terres, et en particulier les forêts. Cette présentation investigue ce débat et ses effets scientifiques et politiques sur la compréhension du rôle du secteur des terres dans le changement climatique.
Prospective écologique pour définir des Solutions fondées sur la Nature résilientes au changement climatique
Emmanuel Garbolino, ISIGE, Mines Paris – PSL
Les Solutions fondées sur la Nature (SfN ou NbS en anglais) sont des dispositifs utilisant les propriétés des écosystèmes pour répondre à des enjeux sociétaux majeurs comme l’adaptation au changement climatique, la prévention des risques naturels, l’approvisionnement en eau etc. Cependant, comme ces solutions utilisent des êtres vivants, leur durabilité n’est pas toujours garantie face aux effets potentiellement néfastes du changement climatique. Nous discuterons d’abord des incertitudes qui pèsent sur ces SfN et présenterons un cadre concret pour aider les décideurs et les opérateurs à définir des Solutions fondées sur la Nature robustes.
Le génie végétal pour restaurer les ripisylves dans le contexte du changement global
Les techniques de génie végétal pour le contrôle de l’érosion sont des solutions fondées sur la nature ancestrales qui sont utilisées depuis des siècles sur différents continents, mais qui ont été souvent oubliées. On sait aujourd’hui qu’elles permettent d’assurer une bonne tenue des berges et talus, et qu’elle permettent aussi le retour de la biodiversité et des fonctions écologiques associées.
Passer du génie civil au génie végétal revient à changer de paradigme, et à adopter une approche bienveillante et coopérative avec la nature. Cette approche gagne à être holiste et interdisciplinaire et est porteuse d’espoir.
A propos des intervenants :
Laure Manach est post-doctorante au Centre de Sociologie de l’Innovation, où elle travaille sur les débats autour de la comptabilité carbone du secteur des terres à l’échelle globale, dans le cadre de l’atteinte des objectifs climatiques, et en particulier celui de net zéro. Ses travaux se situent à la croisée des STS et de la sociologie de l’environnement et interrogent les relations science-politique dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Elle a soutenu en 2025 une thèse (Université Grenoble-Alpes/EHESS) portant sur les débats et controverses autour du stockage du carbone dans les sols, analysant les recompositions des sciences et savoirs sur les sols face aux enjeux soulevés par le changement climatique.
Écologue, Géographe et Data Scientist, Emmanuel Garbolino est enseignant-chercheur à l’ISIGE (Institut Supérieur d’Ingénierie et de Gestion de l’Environnement) de Mines Paris PSL. Ses recherches portent sur la prise en compte des enjeux de biodiversité et du changement climatique au sein des organisations, notamment par la définition et le développement de méthodes, de modèles et d’outils d’aide à la décision reposant sur une démarche prospective. Du point de vue méthodologique, il intègre les Data Science, la Modélisation de Systèmes Complexes et la Géomatique pour traiter ces problématiques. Il est aussi membre des consortiums internationaux sPlot (the largest repository for plant community data in the world) et European Vegetation Survey (EVS) avec lesquels il contribue aux travaux en écologie végétale à différentes échelles spatiales et temporelles. Il est actuellement membre du Groupe de Travail national « Changement Climatique & Biodiversité » animé par l’ONB, l’OFB et la FRB. Enfin, il a coordonné la mise en place de l’Axe 5 « La planète vivante » au sein de TTI.5.
André Evette est chercheur en écologie de la restauration à INRAE Grenoble (France) et s’intéresse aux solutions fondées sur la nature appliquées aux berges et milieux riverains. Il mène des programmes de recherche appliquée et des expertises au niveau national et international sur le génie végétal en collaboration avec des gestionnaires. En s’associant avec des chercheurs d’autres disciplines, il suit une approche interdisciplinaire associant à l’écologie, l’hydraulique, les sciences de l’ingénieur ou les sciences sociales.
Son travail vise à repousser les limites de l’utilisation du génie végétal, qu’elles soient mécaniques (pentes, écoulements, transport solide), climatiques (contexte alpin, tropical, sécheresse), liées aux herbivores (castors, ragondins) et aux plantes exotiques envahissantes, ou aux pratiques des gestionnaires. Il s’appuie sur des expérimentations en laboratoire, en pépinière ou en canal, ainsi que sur des ouvrages expérimentaux construits avec les gestionnaires. Il produit des articles scientifiques ainsi que des articles de vulgarisation, guides, vidéos et podcasts à destination des gestionnaires.